Le guide de référence d’architecture d’entreprise dans le Cloud est un document maintenu par la Cloud Security Alliance (CSA). Il est au programme des certifications CCSK et CCSP. Il est basé sur l’utilisation de quatre modèles : TOGAF, ITIL, SABSA et JERICHO. Il complète la Cloud Control Matrix (CCM) qui est un catalogue de mesures de sécurité utilisée en particulier pour les certifications STAR. Ce guide d’architecture ou Entreprise Architecture Reference Guide (EARG) peut être utilisé aussi bien par les fournisseurs que par les clients de solutions Cloud. Il peut servir de guide de cybersécurité dans le Cloud pour un plan d’amélioration, une feuille de route, une évaluation de différents fournisseurs ou pour identifier les services à mettre en place.

Les certifications individuelles CCSK et CCSP abordent les concepts fondamentaux de sécurisation du Cloud, avec des approches différentes. AWS fait partie avec Azure et OVH des Cloud publics les plus prisés pour les services IaaS (Infrastructure as a Service) et PaaS (Platform as a Service). Les bonnes pratiques de sécurisation des environnements AWS sont disponibles dans plusieurs référentiels. Chez le fournisseur, on peut commencer par le guide « AWS Security Best Practices » qui bien que disponible en version archivée reste un document de synthèse intéressant. Un guide de durcissement du CIS est aussi téléchargeable gratuitement. Notons à ce sujet, une série d’outils développés dans le langage de script d’AWS pour auditer et mettre en œuvre ces éléments de sécurisation. Enfin le SANS a publié un guide très complet (Cloud Security Practical Guide to Security in the AWS Cloud) écrit par 18 contributeurs et formateurs cyber.

La mise en place d’un système de management de la sécurité de l’information (SMSI) certifié ISO 27001 passe par la mise en œuvre de bonnes pratiques détaillées dans la norme ISO 27002. La norme ISO 27017 complète ces bonnes pratiques pour les services de Cloud. La sélection des mesures doit être la conclusion d’une analyse de risques, en utilisant par exemple la méthode EBIOS. Les exigences légales et réglementaires sont prises en considération en amont de l’analyse. Certaines mesures préconisées par l’ISO 27017 sont destinées aux clients et d’autres aux fournisseurs Cloud. La sécurité dans le Cloud mettant en jeu une relation client / fournisseur, y compris dans la plupart des cas des Cloud privés pour lesquels plusieurs parties interviennent, la sécurité de la chaine de sous-traitance joue un rôle important : se référer à ce sujet à la série ISO 27036 et au concept de SCRM.

La migration d’applications ou d’infrastructures dans le Cloud, qu’il soit public ou privé, nécessite d’intégrer le plus en amont possible la cybersécurité. La question des certifications se pose : certifications, qualifications ou homologations des systèmes d’information mais aussi montée en compétence des collaborateurs travaillant sur les différents projets. Ce domaine évolue rapidement, cet article propose une synthèse des principales certifications.

La loi FISMA (Federal Information Security Management Act) est un exemple d’exigence légale de cybersécurité qui s’applique aux agences publiques américaines et à leurs fournisseurs notamment dans le domaine du Cloud. C’est une loi importante, citée à titre d’exemple dans le programme du CISSP et en particulier dans le domaine 1 « sécurité et gestion des risques ». Promulguée dans sa première version en 2002, la loi a été révisée en 2014. On retrouve cette loi dans les programmes de certifications individuelles consacrées au Cloud, que ce soit le CSSP ou le CSSK. Le référentiel principal pour la conformité FISMA est le NIST SP 800-53. D’autres exemples en France et en Europe sont proches de ce type de conformité : voir par exemple pour plus de détails la conférence «les tendances juridiques et réglementaires » à Bruxelles ou les obligations des fournisseurs de services numériques – FSN.

En cybersécurité, les risques liés aux chaines de sous-traitance et d’approvisionnement ou C-SCRM (Cyber Supply Chain Risk Management) peuvent être difficiles à traiter. Le NIST publie des bonnes pratiques dans son référentiel NISTIR 8276 – « Key Practices in Cyber Supply Chain Risk Management ». Ces bonnes pratiques font partie des notions à connaitre dans le cadre des certifications CISSP et CCSP. Elles participent à renforcer la confiance clients-fournisseurs, concept présent depuis longtemps dans l’approche ISAE 3402.  Des mesures de sécurité liées à la sous-traitance sont par exemple disponibles dans la catégorie 15 du référentiel CIS.

La démarche ISAE 3402 (International Standard on Assurance Engagements ) permet de gagner en confiance et en transparence dans la relation clients-fournisseurs. C’est une démarche reconnue internationalement qui bénéficie des initiatives américaines de l’AICPA et du support des associations internationales IAASB et IFAC. Ce standard est au programme des certifications individuelles de cybersécurité CISSP et sécurité du Cloud CCSP et CCSK. Cela rejoint les bonnes pratiques de sécurisation de la sous-traitance : voir la vidéo de présentation du SCRM et les bonnes pratiques pour mettre en place un programme C-SCRM.

Les environnements Cloud et les cycles DevOps nécessitent un niveau d’automatisation élevé. La sécurité doit s’adapter à ces environnements en tendant vers le plus d’automatisation possible de ses activités. C’est ce qui permet de rester agile en préservant un niveau acceptable des risques. La Cloud Security Alliance (qui propose les certifications individuelles CCSK et CCAK pour les professionnels de la sécurité dans le Cloud et aussi l’attestation STAR pour les fournisseurs) coordonne un groupe de travail qui produit des guides très complets. Ces aspects font partie du programme du CISSP (bien qu’abordés de manière très généraliste) et des certifications CCSP et CCSLP.

Les certifications des fournisseurs Cloud sont requises par les clients dans le cadre de la phase de due diligence, préalable important à toute contractualisation. Ces mécanismes de certification sont encouragés par le RGPD. L’article 28 sur les sous-traitants stipule « L'application, par un sous-traitant, d'un code de conduite approuvé comme le prévoit l'article 40 ou d'un mécanisme de certification approuvé comme le prévoit l'article 42 peut servir d'élément pour démontrer l'existence des garanties suffisantes conformément aux paragraphes 1 et 4 du présent article ». Adopté en 2019, le règlement européen Cybersecurity Act prévoit la définition d’un cadre européen de certification de cybersécurité, en particulier dans le domaine du Cloud, au niveau substantiel. Le niveau élémentaire étant réservé pour les applications de type IoT - Internet des Objets et le niveau élevé pour les dispositifs médicaux ou les véhicules connectés. La certification américaine STAR est très répandue parmi les acteurs majeurs de Cloud public. Elle comprend trois niveaux et se base sur des mesures de sécurité standardisées par la Cloud Control Matrix (CCM). Ce standard est au programme des certifications individuelles CCSP et CCSK (Certified Cloud Security Professional et Certificate of Cloud Security Knowledge).

FedRAMP (Federal Risk and Authorization Management Program) est une certification des services Cloud imposée par le gouvernement américain à ses agences publiques. L’approche poussée par les américains est le « do once, uses many times » en maintenant à jour une liste des fournisseurs qui détiennent déjà l’autorisation FedRamp. Il s’agit d’un exemple de conformité nationale, qu’on trouve en France par exemple pour les hébergeurs de données de santé ou le SecNumCloud de l’ANSSI.

La Cloud Security Alliance est une association pionnière dans le domaine de la sécurité du Cloud. Elle est à l’origine de la certification STAR pour les fournisseurs de solutions IaaS, PaaS et SaaS et de la certification CCSK pour les professionnels de la cyber sécurité. Elle est aussi fortement impliquée dans la certification CCSP. La nouvelle certification CCAK est destinée aux personnes qui veulent démontrer leur niveau d’expertise en termes d’audit de sécurité des solutions Cloud.

Le référentiel cybersécurité du NIST américain (National Institute of Standards and Technology) est de plus en plus utilisé par les grands groupes, y compris européens. Conséquence de la loi de 2014 « Cybersecurity Enhancement Act », ce référentiel avait pour objectif initial de définir un socle de mesures de sécurité pour protéger les infrastructures vitales et l’économie américaines. Il s’est imposé comme standard international incontournable de la cybersécurité au même titre que les normes ISO 27000, le catalogue NIST 800-53 ou encore le référentiel CIS pour tous les domaines d’activités. Il est maintenant au programme des certifications individuelles en sécurité comme le CISSP, ou le CCSP par exemple.

 

L’agence européenne de la sécurité des systèmes d’information, l’ENISA (European Network an Information Security Agency) basée à Heraklion, dont le rôle a été renforcé par le règlement européen « Cyber Act » a publié un référentiel des risques Cloud en 2009 et revu en 2012. Ce référentiel fait partie du programme des certifications CCSK et CCSP. Il aborde les bénéfices des services Cloud pour la sécurité, les risques et propose une évaluation générique en fonction de la vraisemblance et de l’impact métiers des scénarios envisagés.

Les certifications individuelles sont de plus en plus requises par les entreprises qui recrutent des professionnels de la cybersécurité. Si le CISSP reste la certification généraliste la plus connue, l’utilisation massive des offres de Cloud publics et privés rend incontournable le besoin d’expertise cyber spécialisée dans ce domaine. Parmi les certifications proposées par les fournisseurs américains de solutions de Cloud publics, citons AWS Certified Security, AZ 500 de Microsoft et Professional Cloud Security Engineer de Google. Deux certifications « agnostiques » de sécurité du Cloud de détachent : le CCSK et le CCSP. Notons enfin la certification orientée audit du Cloud CCAK.  

Le DLP (Data Loss Prevention ou Data Leakage Prevention) n’est pas nouveau en cybersécurité. Mise en œuvre en milieu bancaire depuis longtemps, cette protection s’est généralisée ces dernières années à d’autres secteurs en particulier du fait du développement des services Cloud. L’idée est de détecter et de prévenir les fuites de données sensibles. A l’origine de ces fuites, des erreurs humaines (par exemple l’envoi d’une pièce jointe non chiffrée ou le stockage dans le Cloud public de fichiers accessibles par tous) mais aussi des malveillances internes (par exemple un employé qui quitte sa société et copie sur une clé USB des fichiers clients). Le DLP est au programme du CISSP et du CCSP. Ces projets transverses nécessitent des outils efficaces et une organisation solide. Le DLP est cité dans les mesures de cybersécurité de la  catégorie 3 du référentiel CIS.

Depuis une dizaine d’années, les réseaux SDN sont de plus en plus utilisés en particulier dans les datacenters des fournisseurs de Cloud mais aussi par les opérateurs sur leur WAN et au sein des infrastructures réseaux des grandes entreprises. Google par exemple a été à la pointe en connectant ses data centers avec des commutateurs et des contrôleurs mettant en œuvre le protocole OpenFlow. D’autres groupes ont aussi annoncé utiliser OpenFlow comme Amazon, Microsoft et AT&T. Le SDN est au programme de la certification CCSP depuis son lancement et a aussi été intégré plus récemment au nouveau programme du CISSP. Les réseaux SDN facilitent la gestion des réseaux en environnements Cloud en permettant automatisation, évolution rapide, redondance et segmentation virtuelle des clients en optimisant les coûts d’infrastructure.

Les techniques de pseudonymisation sont massivement utilisées pour des raisons légales et de cybersécurité. Elles sont au programme des certifications CIPP/E, CCSK et CCSP. On en parle également durant la formation de préparation au CISSP.

Retrouvez notre vidéo de présentation.

La modélisation des menaces (Threat Modeling) est une activité fondamentale pour identifier et traiter les failles dès la conception avant la phase de développement d’un logiciel ou d’un système. Cette activité fait partie des connaissances requises par les programmes des certifications CISSP : domaine 8, CCSP et CCSK. Certaines méthodes se focalisent sur les menaces et les problèmes de sécurité alors que d’autres comprennent une évaluation des risques au travers leur impact et leur vraisemblance. L’idéal est de planifier cette activité le plus tôt possible dans le cycle de développement, dès que l’architecture est définie. La modélisation doit être mise à jour si nécessaire. Par exemple dans le cas de changement de classification des informations, de modification de l’architecture, de changement de mode d’authentification ou d’autorisation, de modification des exigences métier concernant les exigences de traçabilité ou encore de mise à jour des méthodes cryptographiques.

La plupart des groupes vivent au quotidien des transformations digitales structurantes. L’objectif est de développer le business avec des outils performants et sécurisés, de le faire vite, avec agilité et en maitrisant les coûts. Il faut créer de la valeur et la protéger. La sécurité doit évidemment accompagner cette transformation, sans la freiner mais avec des garanties que les risques sont traités et sous contrôle. On a de plus en plus besoin de professionnels de la sécurité qui participent activement aux phases de conception et de développement afin d’intégrer la sécurité de manière continue aux différents projets. Le travail des architectes sécurité est facilité si un cadre méthodologie est défini et adapté aux besoins et au contexte business de l’entité. Cet article examine comment utiliser le référentiel SABSA pour mettre en place ce cadre et faciliter le travail des architectes sécurité au sein des programmes de transformation (migrations vers des plateformes Cloud publics et privés, agilité dans les cycles de développement logiciel, initiatives « big data », test des technologies blockchain, utilisation des containers, développement d’API pour automatiser l’orchestration…).